Comprendre l'adolescence


Ados-adultes : le grand malentendu

Extrait du journal « Le Monde » du 4 avril 2012 par Martine Laronche

Goélands adolescentes en grandes difficultés et violence

Il existe un grand malentendu entre les adultes et les adolescents. Si 85 % de ces derniers considèrent qu'ils ont besoin des premiers, près des trois quarts des adultes sont persuadés que les jeunes n'ont pas besoin d'eux. Tels sont les enseignements d'un sondage Ipsos Santé effectué auprès de 807 ados de 15 à 18 ans, interrogés en ligne du 12 au 19 mars 2012 et auprès de 822 adultes de 25 ans et plus (échantillon représentatif selon la méthode des quotas).

 

Plus de la moitié des jeunes souhaiteraient nourrir plus d'échanges avec les adultes. Et dans leur entourage proche, 92 % des jeunes comptent prioritairement sur leur mère pour les aider à devenir adultes, devant leur père (74 %) et enfin leurs amis (58 %), alors que les trois quarts des adultes pensent que les adolescents comptent d'abord sur l'aide de leurs amis. La place du père semble contribuer au bien-être des ados : 83 % des jeunes qui se sentent bien citent leur père comme modèle contre 57 % des jeunes éprouvant un mal-être.

Les jeunes testent les limites, tentent de trouver les nouvelles lignes de démarcation de leur autonomie. Ils demandent plus de liberté, mais sont désemparés si on la leur donne. "Si vous dites à votre enfant, c'est toi qui décides, vous l'insécurisez", affirme la psychologue Caroline Thompson. "Les adolescents ne sont pas des individus qui ont 15 ans, ils ont à la fois 8 ans et 25 ans. Ils ont besoin, à la fois, de l'affection donnée à un enfant et de la liberté d'un adulte." Face à ces fluctuations affectives et d'humeur, l'adulte se doit de rester stable et de tenir un cap.

Plus du quart des jeunes (27 %) estiment ne pas avoir de modèles dans la vie. "Leurs parents doivent transmettre à leurs enfants la confiance en l'avenir en leur montrant qu'ils ne sont pas les victimes de la société dans laquelle ils vivent. Ils ont besoin d'échanger avec leurs parents", assure Serge Hefez, psychiatre et psychanalyste.

Selon le sondage, respect des valeurs, honnêteté et confiance en soi sont des notions que les jeunes d'aujourd'hui souhaiteraient se voir transmettre par leur entourage adulte. Mais très peu d'adolescents évoquent la confiance en soi parmi les valeurs apportées par leurs aînés. "Celle-ci semble au contraire sapée par les angoisses de leurs parents", considère Caroline Thompson.


Le grand défi de l’adolescent est de répondre pour la première fois à la question « qui suis-je ? » 

D’après les travaux réalisés en 2011 par l’IUFM centre Val de Loire.

Goélands adolescentes en grandes difficultés et tatouages

Devenir un adolescent

Dans toutes les cultures et les époques, on retrouve la nécessité pour l’être humain de quitter son statut d'enfant. Jean-Jacques Rousseau écrit : « Nous naissons deux fois : une fois pour l’espèce, l’autre pour l’existence ». Cette deuxième naissance, symbolisée par les rites de passage, permet un changement d’identité : l’enfant est amené à se poser comme adulte. Il s’agit aussi d'éducation : le jeune doit connaître et accepter les normes de sa société tout en testant les limites de son autonomie sans remettre en cause la continuité de l’ordre culturel et social... (Lire la suite)


L'état adolescent : l'entre-deux

Extrait d'une conférence de Aldo Naouri

Goélands adolescentes en grandes difficultés

L’adolescent a toujours eu peur. Peur de quoi ?

Peur de cesser d’être enfant et de devenir cet adulte qui n'est adulte que lorsqu'il a enfin accepté son statut de mortel. C’est à dire quand il a accepté l’idée que la mort est le lot commun qui n’empêche tout de même pas d’avoir à vivre une vie....

Or, aujourd’hui, l’adolescent n’a pas seulement peur. Il fait peur. Et il fait peur parce qu’il a brandit sa peur ! Et comme il rencontre en face de lui des adultes eux-mêmes engoncés dans leurs adolescences non dépassées et à qui il fait peur, sa peur s’accroît d’autant.

Au point qu’il n’a pas d’autre ressource que de sombrer dans l’agressivité, obéissant instinctivement au vieil adage qui enseigne que « la meilleure défense c’est l’attaque ». (Lire la suite)


Goélands Lieu de vie pour adolescentes en grandes difficultés